À l’occasion de la Conférence régionale sur la torture en détention en Afrique subsaharienne, qui se tient à Abidjan les 28 et 29 avril 2026, la FIACAT présente une étude comparative inédite menée en Côte d’Ivoire, au Congo, au Tchad, au Cameroun, en République démocratique du Congo et à Madagascar.

Cette étude a été menée par trois consultantes : Dr Carole Berrih, chercheuse en administration publique associée au CERDAP² (Université Grenoble Alpes / Sciences Po Grenoble), Louisette Ranorovololona, consultante senior malgache spécialisée dans la lutte contre les vulnérabilités, et Chloé Ould Aklouche, doctorante en science politique au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM – Sciences Po Bordeaux). Les données ont été recueillies entre mai et juillet 2025 par les membres et bénévoles des ACAT intervenant régulièrement dans les établissements pénitentiaires.

Fondée sur des entretiens et des observations de terrain, l’étude met en lumière une réalité encore largement méconnue, mais pourtant centrale dans le quotidien carcéral : le rôle des « super-détenus », des personnes incarcérées investies de fonctions de gestion, de contrôle et de discipline sur leurs codétenus. Les formes concrètes de ces pouvoirs et leurs modalités d’exercice varient selon les contextes, mais reposent partout sur des structures hiérarchisées, souvent reconnues et encadrées par les administrations pénitentiaires.

Alors même que les normes internationales interdisent la délégation de fonctions disciplinaires à des personnes détenues, ces pratiques apparaissent dans les faits comme institutionnalisées. L’étude interroge alors la responsabilité des États, et encourage un dialogue avec les autorités nationales, afin de repenser la gestion carcérale et garantir la dignité de toutes les personnes détenues.

Pièce(s) jointe(s):
Télécharger ce fichier (Etude_FIACAT_Detention_web_FR.pdf)Etude_FIACAT_Detention_web_FR.pdf